J’ai 85 livres de perdues, 85 livres que j’ai bien l’intention ne jamais revoir de ma vie.

«J’te dis Sophie, tu manges ce que tu veux. C’est vraiment le fun. C’est vraiment juste une question de vérifier tes portions. Mais c’est ça qui est le fun avec Weight Watchers. Tu n’as pas l’impression d’être limitée. Tu devrais essayer, je te le dis, moi.»

C’était en juin 2013. Je venais d’avoir conversation avec ma copine (salut Kathleen !) qui avait perdu 30 livres sur Weight Watchers et qui trippait pas mal sur la formule. Moi ? Moi je n’avais aucune idée de combien je pesais. Mais je savais que j’étais obèse. J’essayais de me faire croire que je restais un tant soit peu active en suivant des cours de hip hop une fois par semaine. Tout le monde me disait que je ne mangeais pas si mal que ça, que mes lunchs étaient toujours pas mal équilibrés. Personne ne comprenait pourquoi j’avais un surplus de poids. Même si moi, au fond de moi, je le savais bien…

C’est vers l’âge de 11 ans que j’ai commencé à prendre du poids. L’arrivée des règles, voyez-vous. Et une suite de diverses choses… Mes parents qui divorcent, une belle-mère et quelques beaux-pères pas super chouettes avec mon frère et moi, de la bisbille entre mes parents, de multiples déménagements… Disons que l’adolescence n’a pas été facile au niveau émotionnel. Hello le manque de stabilité sans compter les fameuses poussées hormonales dont on hérite à l’adolescence. Ma mère qui passait son temps à me dire avec un regard désapprobateur « fais attention, mange pas trop Sophie, tu vas engraisser »… Elle et son obsession du poids. Combien de fois je me suis levée la nuit pour aller manger 3-4 biscuits en cachette ? Parce que la nuit, il n’y avait personne pour me narguer, pour me juger. À 16 ans, je plafonnais déjà à 200 livres. J’ai réussi à perdre 25 livres avec Minçavi peu avant mon bal des finissants. Ce que j’étais fière! Et avec peu d’exercices en plus. C’était facile, c’était ma mère qui cuisinait. Mais le jour où on a arrêté de suivre le plan alimentaire… c’est là que tout a déboulé.

Je suis chanceuse, je n’ai pas vraiment été victime d’intimidation. Enfin, si on le faisait, ce n’était pas dans ma face. Mais inutile de vous dire que je ne me suis jamais sentie comme une ado normale. Parce que j’étais trop grosse, je devais porter un uniforme de gym fait pour les garçons, je magasinais le linge de matante chez Addition-Elle (hello les jeans pas de poches sur les fesses avec des plis en avant) pendant que toutes mes amies s’habillaient chez Jacob. On était ailleurs disons.

En 20 ans, j’ai pris 100 livres. Yep. Le 15 juin 2013, quand je suis embarquée sur la balance, je pétais le 275 livres. J’ai tellement eu un choc ! Je savais que je dépassais le 250 mais je ne croyais pas être aussi près des 300 livres. Et ça, c’était mon chiffre buttoir. Je ne voulais absolument pas me rendre là. Donc ce matin-là, à une semaine avant mon spectacle de danse annuel, je surfais les « Internets » et j’ai décidé de jeter un coup d’œil au site de WW. Et puis je me suis dit « pourquoi pas ? ». Il me restait une semaine avant le spectacle, ça m’aiderait sûrement à dégonfler un peu. Ça ne pouvait pas me faire de tort, non ? J’avais l’impression d’avoir « stretché » mon corps au maximum de son enveloppe corporelle. Je n’avais rien à perdre. Alors je me suis inscrite.

La première semaine, j’ai perdu 7.5 livres. 7 LIVRES ET DEMI !!! Je CA-PO- TAIS ! Et ce, en faisant très peu d’efforts. Seulement en calculant un peu plus mes portions. La première semaine a passé… et puis la deuxième… et rapidement, j’avais 2-3- 4 mois derrière moi et déjà, environ une quarantaine de livres de parties ! Quand le chiffre commence à descendre, c’est tellement motivant que c’est difficile d’arrêter. En novembre 2013, je me suis jointe au gym près de chez moi. Parce que je savais que même si le poids allait descendre en faisant attention à mon alimentation (on ne se le cachera pas, 80% de la perte de poids se passe dans la cuisine), je voulais améliorer mon cardio et m’assurer par le fait même d’avoir une perte de poids durable tout en travaillant sur le raffermissement de mon corps. Mon entraîneure m’a initiée à la course à pieds. J’étais tellement hésitante la première fois que je me suis mise à courir sur le tapis! Mais nous y sommes allées graduellement et bien vite, j’avais décidé de m’inscrire à la course Color Me Rad qui s’en venait en mai. Ça allait être ma première course. J’avais besoin de ce défi-là. Je me suis entraînée super sérieusement. Je voulais absolument pouvoir courir le plus longtemps possible. J’étais tellement fière quand j’ai passé le fil d’arrivée ! Et ça ne s’est pas arrêté là ! Je me suis mise au défi plusieurs fois depuis. Du paddleboard, du hiking, du Pole Fitness, deux autres 5km au Marathon de Montréal, un 8km au Marathon de Vancouver, une course Spartan… J’ai même la chance de tester une brassière intelligente pour une compagnie montréalaise où j’y ai rencontré un coach de course qui m’a prise sous son aile et qui me fournit un entraînement personnalisé.

Depuis ce matin de juin 2013, j’ai 85 livres de perdues. 85 livres que j’ai bien l’intention ne jamais revoir de ma vie. Je voulais le faire naturellement. Je voulais affronter mes démons, mon addiction et la combattre pour en ressortir gagnante et plus en santé. Pour que ça dure, vous savez ? Et que cela devienne mon mode de vie. Est-ce que c’est facile à tous les jours ?Absolument pas. Est-ce que j’ai encore des envies ? À tous les jours. Mais jamais je n’ai pensé lâcher. Ce n’était même pas une option. Pourquoi vous me dites ? Parce que je suis en ce moment, là où j’aurais voulu être lorsque j’ai débuté. Parce que je me regarde dans le miroir et pour la première fois de ma vie, j’aime ce que je vois. Je vois une fille en santé, une fille en forme et active. Je vois le futur ! Je n’ai pas l’intention de perdre beaucoup encore. Juste quelques poussières de livres pour me rendre au poids cible que j’ai dans ma tête. Celui où je serai juste… bien. Je sais que ce sera un combat de tous les jours pour le reste de ma vie. Mais est-ce qu’il en vaut la chandelle ? Des millions de fois, OUI ! Le bien-être qu’on ressent est indescriptible ! Le saviez-vous, vous, qu’avec le surplus de poids, je n’étais même pas capable de me croiser les jambes ? Petit détail hein ? C’est quelque chose qu’on prend pour acquis quand on est mince, mais c’est une réalité quand on est obèse. La journée où j’ai réalisé que je pouvais le faire, je dansais toute seule dans mon salon !

Je vous dirais que bien que le gros du travail, je l’ai fait moi-même, j’ai quand même la chance d’avoir un entourage ultra motivant et hyper respectueux autour de moi. Plusieurs amis qui me traînent avec eux dans leurs sorties sportives et que j’accompagne en plongeant tête première ! Ma famille et mes collègues qui me supportent et m’encouragent constamment. Quand on commence un cheminement comme ça, je trouve ça important d’en parler autour de soi. Ça sensibilise les gens. Ça fait en sorte que les gens respectent vos choix et comprennent votre motivation à ne pas succomber à un plat de frites au resto, par exemple. Et rapidement, vous vous rendez compte que l’effet d’entraînement est fulgurant ! Vos proches voient vos résultats et vous devenez une source d’inspiration pour plusieurs. Et ça fait une belle grosse boule de neige d’énergie et de positivisme !

Mais à travers tous ces gens, j’ai surtout une meilleure amie la plus motivante et inspirante EVER ! Une meilleure amie super active, qui me pousse à me dépasser, qui me challenge à tout plein de sports différents, d’activités où on bouge dans le plaisir ! Et cette amie, c’est votre Sportive en cavale préférée ! Merci Marie-Hélène d’être aussi présente et inspirante dans ma vie ! Grâce à toi, je sais maintenant que « sky is the limit » ! 

Et à tous ceux qui hésitent à prendre leur vie en mains, je vous dis ceci : Une bouchée à la fois.Un pas à la fois. Le simple fait de faire des petits changements dans vos habitudes alimentaires fera déjà une grosse différence. Et la journée où vous décidez d’aller marcher au lieu de rester rivés à votre téléviseur, ce sera une autre petite victoire vers un mode de vie sain. Rome ne s’est pas bâti en un seul jour. Mais votre santé et votre bien-être méritent le temps qu’il faudra pour être (et c’est ce à quoi j’aspire à être jusqu’à la fin de mes jours) la meilleure version de vous-même !

3 réflexions sur « J’ai 85 livres de perdues, 85 livres que j’ai bien l’intention ne jamais revoir de ma vie. »

  1. Bravo pour cet article. Quel magnifique témoignage je suis très émue par cette lecture.
    J’ai moi même perdu un peu de poids par moi même et je sais ce que cette victoire représente.
    J’ai avancé un brouillon d’article à ce propos mais comme il est très personnel j’ai encore besoin de temps avant de le publier.
    Ton article me donne envie d’aller jusqu’au bout.
    Bravo à toi et merci pour ce partage 💖🌸

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    1. Ahhhhh merci à vous deux ! Ce n’est pas un parcours facile mais il nous appartient, on en fait ce qu’on en veut, à notre rythme et de la façon qui fonctionne pour nous. Je t’encourage dans ta démarche ! J’espère bien te lire à ce sujet bientôt ! 🙂

      Aimé par 1 personne

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